La kassav de Guadeloupe est bien plus qu’une simple galette de manioc. C’est un pain rond, moelleux ou croustillant selon la cuisson, qui raconte l’histoire de l’archipel depuis les premiers peuples amérindiens jusqu’à son inscription récente au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Quand vous mordez dans une kassav bien chaude, nature ou garnie de coco, vous goûtez à la fois une recette millénaire et un savoir-faire toujours vivant.
Dans cet article, nous vous proposons de découvrir ce qu’est vraiment la kassav guadeloupéenne, comment elle est fabriquée dans les kassaveries, pourquoi elle est devenue un symbole identitaire fort et comment vous pouvez la préparer chez vous, en respectant au mieux la tradition.
La Kassav (Galette de Manioc) : Histoire et Recette Traditionnelle de la Kassav Guadeloupe
Temps de lecture : ~11 min
- Sommaire
- Kassav Guadeloupe : une galette de manioc emblématique
- Des peuples amérindiens au patrimoine mondial
- Comment se fabrique la kassav traditionnelle
- Recette maison de kassav guadeloupéenne
- Idées de garnitures traditionnelles et sans gluten
- Mini FAQ sur la kassav de Guadeloupe
Kassav Guadeloupe : une galette de manioc emblématique
La kassav Guadeloupe est une galette ronde composée de farine de manioc. Elle est souvent décrite comme le plus ancien mode de consommation de cette racine dans la Caraïbe. On la prépare à partir de manioc amer que l’on râpe, presse et sèche pour obtenir une farine appelée couac ou moussache selon les usages locaux, puis on la cuit à sec sur une grande plaque de métal appelée platine.
En Guadeloupe, cette cassave devenue kassav fait partie du quotidien : on la trouve dans les kassaveries artisanales, sur les marchés, au bord des routes, dans les mains des écoliers comme des travailleurs pressés. Elle peut être nature ou fourrée. Les versions sucrées courantes sont garnies de coco râpé, de goyave, de banane ou de confiture ; les versions salées se déclinent au fromage, à la morue ou aux légumes.
Sans la racine de manioc, pas de kassav : sa texture légèrement granuleuse, son goût discret et sa capacité à rassasier en dépendent. Depuis 2024, le savoir-faire et les pratiques liés à la cassave caribéenne figurent sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, ancrant encore davantage la kassav dans l’identité guadeloupéenne et régionale.
Des peuples amérindiens au patrimoine mondial

Les origines amérindiennes
Bien avant l’arrivée des Européens, les peuples amérindiens maîtrisaient l’art de transformer le manioc, toxique à l’état brut, en aliment de base. Racines épluchées, râpées, pressées pour évacuer le jus chargé en acide cyanhydrique, puis farine séchée et cuite en galettes fines : cette méthode ancestrale a traversé les siècles.
La kassav dans la société guadeloupéenne
Avec la colonisation, l’esclavage et les crises agricoles, la kassav est restée un pain de secours nourrissant et peu coûteux. Aujourd’hui, elle cumule un statut de produit quotidien et de spécialité patrimoniale : les kassaveries se visitent, les galettes encore chaudes s’arrachent et chaque famille transmet gestes et vocabulaire liés au manioc. Pour en savoir plus, consultez notre page Qui sommes-nous.
L’inscription à l’UNESCO et la dimension caribéenne
L’inscription de 2024 englobe plusieurs pays caribéens (Cuba, Haïti, Venezuela…). Elle confirme que la kassav est bien plus qu’une spécialité locale : c’est un patrimoine commun qui valorise artisans et communautés maintenant la consommation quotidienne de la galette de manioc.
Comment se fabrique la kassav traditionnelle
Du manioc à la farine et à la moussache
Les tubercules de manioc sont épluchés puis trempés une journée. Râpés finement, ils sont pressés dans des sacs épais pour extraire un jus toxique. La pulpe humide, tamisée, est ensuite torréfiée longuement sur plaque au feu de bois : on obtient le couac (granuleux) et la moussache (plus fine), cette dernière étant prisée pour la kassav.

Le geste à la platine
Sur la platine brûlante, l’artisan étale une fine couche de moussache, ajoute la garniture (coco, goyave, morue, fromage…), recouvre d’une deuxième couche, soude les bords puis retourne la galette pour une cuisson homogène. À la dégustation, l’extérieur est légèrement croustillant, l’intérieur moelleux : tout l’art de la kassav réside dans ce jeu de chaleur et de gestes rapides.
Recette maison de kassav guadeloupéenne
Reproduire le geste des kassaveries à la maison est possible : une pâte à base de farine de manioc, une cuisson à sec sur plaque bien chaude, une garniture simple.
| Ingrédients pour ~6 petites kassavs | |
|---|---|
| Farine de manioc ou moussache | 300 g |
| Eau tiède (à ajuster) | env. 40 cl |
| Sel | 1 pincée |
| Garniture sucrée | coco râpé sucré, confiture de goyave, banane écrasée |
| OU garniture salée | fromage râpé, préparation de morue, légumes cuisinés |
Vous pouvez aussi remplacer une petite partie de la farine de manioc par une farine tropicale (par ex. farine de banane) pour varier les saveurs sans gluten. Découvrez ces farines dans notre catalogue de farines sans gluten.
1) Préparez la pâte : dans un grand bol, mélangez farine et sel puis ajoutez l’eau petit à petit jusqu’à obtenir une pâte humide et légèrement granuleuse.
2) Formez les galettes : divisez la pâte en boules, étalez-en une première sur poêle ou crêpière chaude pour former un disque fin.
3) Ajoutez la garniture : lorsque la base commence à se souder, déposez une cuillère de garniture au centre et étalez sans toucher les bords.
4) Fermez : aplatissez une deuxième boule dans votre main, posez-la dessus et soudez délicatement les bords.
5) Cuisez à sec : laissez dorer quelques minutes de chaque côté. Servez tiède au petit-déjeuner, au goûter ou en en-cas.
Idées de garnitures traditionnelles et sans gluten
- Sucrée traditionnelle : coco râpé sucré, légèrement vanillé ou cannelle
- Fruitée : purée de banane bien mûre ou confiture de goyave
- Salée : morue poêlée aux oignons et herbes, fromage fondant ou légumes grillés
Pour d’autres inspirations sans gluten (veloutés épaissis à la farine tropicale, crêpes, etc.), consultez nos recettes sans gluten.

Mini FAQ sur la kassav de Guadeloupe
La kassav est-elle toujours sans gluten ?
Oui. Tant qu’elle est préparée uniquement à base de manioc et sans ajout de blé, elle convient à une alimentation sans gluten.
Quelle est la différence entre cassave et kassav Guadeloupe ?
« Cassave » est le terme générique caribéen. En Guadeloupe, on parle de « kassav » pour désigner la variante locale, avec ses propres garnitures et pratiques artisanales.
Peut-on faire de la kassav uniquement avec de la farine de manioc du commerce ?
Oui, à condition d’utiliser une farine de bonne qualité et de soigner texture et cuisson, vous obtiendrez une galette très proche de la version traditionnelle.
Comment conserver les kassavs ?
Elles sont meilleures le jour même. Vous pouvez toutefois les garder 1 à 2 jours dans une boîte hermétique puis les réchauffer à la poêle ou au four doux pour leur rendre leur moelleux.
La kassav de Guadeloupe illustre la force d’un produit simple sublimé par un savoir-faire ancien. En la préparant chez vous, vous vous reliez à cette histoire tout en explorant de nouvelles pistes sans gluten. Pour aller plus loin, parcourez notre catalogue de farines sans gluten et inspirez-vous pour vos prochaines recettes.

